PHOTOS

Le Comité de Compétitivité en images

ACTIVITES

33ème réunion statutaire du Secrétariat Technique du Comité de Compétitivité

Les travaux de la 33ème réunion du Secrétariat Technique du Comité de Compétitivité se sont tenus le 16 mai 2013 à l’hôtel Sawa, à Douala, dès 10h10, sous la présidence de monsieur Charles KOOH II, représentant du GICAM au sein de ladite instance, Président de celle-ci.

Ont pris part à ces travaux, outre les membres de Secrétariat Technique représentant les administrations publiques, ceux représentant le secteur privé (organisations patronales (GICAM), associations professionnelles (SYNDUSTRICAM, AGROCOM, APECCAM, FENAP)), les chambres consulaires (CCIMA, CAPEF) et les syndicats professionnels (USLC, Syndicats maritimes).

En dehors des membres statutaires du Secrétariat  Technique du Comité de Compétitivité sus visés, quelques experts et personnes-ressources ont également assisté à ces travaux. Il s’agit notamment de monsieur Thomas KOMBO, Chargé de Programmes Economiques et Financiers à la CAON-FED, de monsieur Guillaume Paul MOUTE, Consultant indépendant en Tic, et de monsieur Marcous MATCHIOH, Coordonnateur National Adjoint du Programme Agropoles.

Pour l’essentiel, figuraient à l’ordre du jour,  outre l’examen de l’état d’avancement du plan d’action 2013 du Comité de Compétitivité, trois communications thématiques présentées par les experts/personnes-ressources sus citées dans l’ordre ci-après déroulé et portant sur les problématiques suivantes : 

Communication thématique n°1 : Mise en place de l’Observatoire de la compétitivité au Comité de Compétitivité : enjeux, défis et conditions de mise en œuvre (par Thomas KOMBO) ;

Communication thématique n°2 : Dématérialisation des procédures de passation des marchés publics au Cameroun : enjeux, défis et conditions de renforcement de la compétitivité des entreprises, des coûts de transactions et de facteurs (par Guillaume Paul MOUTE)

Communication thématique n°3 : Programme Agropoles : un outil efficace d’amélioration de la compétitivité et de développement des investissements productifs dans l’agro-industrie et l’agri-business d’exportation (par Marcous MATCHIOH).

Face à ces thématiques, qui ont fait l’objet d’un recalibrage avant échanges, les recommandations suivantes ont été formulées :

1- Mise en place d’un Observatoire de la compétitivité au Comité de Compétitivité dans le cadre du PACOM : enjeux, modalités et conditions de mise en œuvre 

Se félicitant de la mise en place de cet important outil de veille, de mesure et d’évaluation de la compétitivité qu’est l’Observatoire de la compétitivité logé au Comité de Compétitivité, les participants font savoir que cet outil arrive à point nommé pour combler un vide de longue date devenu handicapant pour le Comité de Compétitivité, en ce qui concerne particulièrement ses activités d’aide au pilotage de l’économie par le Gouvernement.

En outre, ils relèvent que pour le Comité de Compétitivité, lorsque l’Observatoire de la compétitivité en question sera mis en place, celui-ci servira à suivre l’évolution des indicateurs de compétitivité globale et sectorielle afin de contribuer à orienter les actions du Gouvernement et la stratégie des entreprises. Dans cet ordre de préoccupations, le Comité de Compétitivité l’utilisera aux fins d’y extraire des informations (outputs) permettant de formuler des analyses en vue notamment d’établir régulièrement la situation de la compétitivité de l’économie camerounaise, voire la capacité de celle-ci à créer des emplois et de la valeur ajoutée.

Au chapitre des perspectives, les membres du Secrétariat Technique de Comité de Compétitivité notent qu’en marge du financement de l’Union Européenne dont bénéficie cet Observatoire, il est nécessaire de rechercher des financements complémentaires permettant de couvrir un certain nombre d’activités destinées à le consolider ou à le renforcer. Aussi recommandent-ils au Secrétaire Permanent du Comité de Compétitivité de solliciter auprès du MINEPAT un appui budgétaire dans le cadre de l’exercice en cours, ou le cas échéant, des fonds de contrepartie sous réserve que le PACOM puisse remplir les conditions nécessaires pour en bénéficier.

Des activités importantes d’accompagnement devant être prises en charge par des ressources complémentaires nationales portent entre autres sur : 

  • le recrutement d’un personnel dédié à l’Observatoire de la compétitivité et la formation de celui-ci à ses métiers ;
  • les salaires de ce personnel ;
  • les études complémentaires nécessaires pour éclairer les autorités en charge du  pilotage de cet important outil de veille économique et sur la compétitivité que représente l’Observatoire de la compétitivité. Il conviendrait d’engager une réflexion approfondie sur une stratégie d’appropriation et de pérennisation des activités de l’Observatoire de la compétitivité ; 
  • les frais généraux relatifs au fonctionnement de celui-ci (imprimerie, reproduction de documents, reprographie, organisation de réunions, communication, etc.) ;

 

  • les frais relatifs à l’acquisition de la logistique (mobilier de bureaux, matériels et consommables informatiques, etc.).

A propos précisément de la stratégie d’appropriation et de pérennisation des activités de l’Observatoire de la compétitivité, le Secrétariat Technique recommande de : 

  • ne procéder au lancement de la réflexion préconisée à ce sujet qu’après avoir mis en œuvre une masse critique d’activités significative, ceci afin d’en tirer le meilleur parti en rapport avec l’objectif visé ;
  • s’informer des conditions d’implémentation de certains programmes de coopération actuellement mis en œuvre, tels que le PAPMOD.

2- Dématérialisation des procédures de passation des marchés publics dans le cadre de la dynamique d’abaissement des coûts de transactions et de facteurs et de renforcement des capacités compétitives des entreprises

La communication thématique présentée par l’expert et les débats et échanges engagés à l’issue de sa présentation ont permis de noter que : 

  • le processus de dématérialisation des procédures de passation de marchés publics n’est qu’à la phase de démarrage au Cameroun ;
  • l’effectivité et l’efficacité du processus de dématérialisation des procédures de marchés publics sont tributaires d’un certain nombre de préalables, dont notamment : 

 

  • la connexion de toutes les administrations à la fibre optique ;
  • l’identification des principaux acteurs impliqués dans le processus en question (administrations et autres structures) et la circonscription de leur périmètre d’action ;
  • le ciblage des secteurs les plus concernés ou jouant un rôle prépondérant dans ce processus ;
  • la sécurisation des applications et transactions électroniques ;
  • la vulgarisation de l’accès à l’outil informatique ;
  • la mise en place d’un cadre réglementaire et institutionnel adéquat.

Il est ressorti des débats qu’une des préoccupations récurrentes du Secrétariat Technique du Comité de Compétitivité est de savoir ce que gagne le pays à dématérialiser le processus de passation de marchés publics. A cet égard, les membres du Secrétariat Technique ont échangé pour comprendre la justification et l’impact économiques, et singulièrement au plan de la compétitivité, de ce processus. De cela, l’on a retenu que les avantages de cette dématérialisation du point de vue de la compétitivité de l’économie nationale et des entreprises portent,  entre autres,  surtout sur : 

  • l’amélioration de la traçabilité ;
  • le gain de coûts et de temps enregistré dans la réalisation des transactions.

S’agissant des perspectives, il est à souligner que ledit processus est appelé à connaître un développement exponentiel avec l’insertion progressive des TIC dans les procédures de passation des marchés publics et ce faisant, induit la mise en place urgente d’un cadre réglementaire et institutionnel approprié afin que les services et prestations généralement rendus par les administrations et certaines entreprises publiques locales, à partir d’outils, de supports, de procédés ou de méthodes archaïques et désuètes, migrent vers le tout numérique.

Au terme de discussions denses, riches et fructueuses, et dans l’optique d’approfondir et d’enrichir la réflexion à travers des supports appropriés (études,  plates-formes techniques de concertation paritaire, etc.) à l’effet de disposer in fine d’informations et de données fiables permettant de formuler à l’attention du gouvernement des propositions pertinentes visant à accélérer l’opérationnalisation du processus en cours, le Secrétariat Technique recommande de : 

  • initier la réalisation d’une étude d’impact (notamment au plan économique) de la dématérialisation des procédures de passation de marchés publics ; celle-ci devant entre autres déterminer les relations intersectorielles existantes entre les principaux secteurs ciblés tout en précisant ceux qui sont les plus concernés ;
  • mettre  en place au sein du Comité de Compétitivité  une Task force pour élaborer un projet de termes de référence de l’étude envisagée en veillant de prescrire au consultant sélectionné pour la réalisation de celle-ci de s’inspirer des expériences de la Tunisie et de la France dans cette matière. Cette Task force devra regrouper autour du Comité de Compétitivité entre autres les représentants du MINEPAT, du MINFI (DGD), du MINMAP, du MINCOMMERCE, du MINJUSTICE, du MINPOSTEL et de l’ANTIC.

3- Programme Agropoles : un outil efficace d’amélioration de la compétitivité de l’agro-industrie et de l’agri-business d’exportation au Cameroun contribuant  au développement des investissements productifs dans ces secteurs

La personne-ressource retenue pour présenter la communication thématique sous revue a tenu à faire savoir d’entrée de jeu que le Programme Agropoles est un Programme économique d’aménagement du territoire et de promotion des entreprises de moyenne et grande importance dans le secteur rural au Cameroun.

Il s’agit de trouver à travers celui-ci des solutions aux contraintes structurelles qui plombent le développement des filières, dont entre autres : 

  • les difficultés d’accès à la terre ; 
  • les difficultés d’accès aux intrants modernes et autres facteurs de production ;
  • l’étroitesse et la faible productivité des exploitations familiales qui représentent encore 80% de l’appareil de production agricole ;
  • la pénibilité du travail à cause de la faible mécanisation ;
  • l’insuffisant encadrement technique ;
  • les difficultés d’accès au marché ;
  • l’absence de structures  de financement adaptées ;
  • l’absence de coordination et de développement des synergies entre les interventions.

Dans sa dimension opérationnelle, il est question d’identifier les bassins de production existants et d’y développer des entreprises de production, de transformation et de commercialisation des produits végétaux, animaux, halieutiques ou forestiers autour desquels l’ on devrait développer un réseau de nombreux petits producteurs.

Les études techniques préalables menées ont conduit à retenir les filières ci-après, par rapport à leur impact sur la sécurité alimentaire, la balance commerciale, la valeur ajoutée (ou le PIB) et la création d’emplois : maïs, riz, banane plantain, palmier à huile, mil/sorgho, fruits et légumes, élevage (bovin, ovin et caprin), volaille, porcins, pisciculture, pêche, bois.

La présentation de l’intervenant a retracé le chemin parcouru depuis la publication le 06 août 2012 du décret portant création de ce Programme, acte fondateur du lancement officiel de ses activités. Elle a fait savoir qu’à la mi-janvier 2013, c'est à dire un peu plus de cinq mois après le lancement du Programme, près de 220 demandes de financement des projets d’agropoles d’un montant estimé à environ 70 milliards FCFA avaient déjà été reçues dans le cadre de celui-ci.

Au 31 décembre 2013, il est attendu que dix agropoles soient mis en place sur l’ensemble du territoire national. A ce jour, trois agropoles de production ont été déjà mis en place, dont : (i) l’agropole de production de la viande porcine à Kribi, (ii) l’agropole de production et de transformation de la volaille à Bomono, près de Douala. Parmi les principales difficultés rencontrées, il y a notamment celle relative à la mobilisation de la contrepartie des promoteurs. 

A titre d’information, l’objectif intermédiaire vise à mettre en place au 31 juillet 2013 cinq agropoles sur l’ensemble du territoire national.

A toutes fins utiles, le budget 2012 du Programme Agropoles était de 3 milliards FCFA.

Après le débat qui a suivi cette présentation, le Secrétariat Technique du Comité de Compétitivité, tout en reconnaissant la pertinence, voire la viabilité du Programme Agropoles, ainsi que son impact sur l’économie rurale, la réduction de la pauvreté et la redistribution des revenus dans les zones rurales, recommande toutefois de procéder au renforcement progressif, mais substantiel, des capacités financières, matérielles, logistiques et humaines dudit  Programme afin qu’il puisse effectivement et efficacement  produire l’impact attendu aussi bien au plan de l’accroissement de la productivité des petits producteurs que de l’amélioration de la compétitivité des EAMI et du développement des investissements productifs dans les filières sélectionnées.