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INVESTIR AU CAMEROUN

Présentation du Cameroun

L’économie du Cameroun est la plus diversifiée d’Afrique centrale, non  seulement grâce à de nombreuses  implantations étrangères mais aussi à de nombreux groupes nationaux. On retrouve dans le pays, des activités très variées notamment dans les secteurs forestiers et agricoles (cultures de rente et vivrières), les hydrocarbures, l’industrie autour des boissons, sucrerie, huilerie, savonnerie, minoterie, aluminium, ciment, métallurgie, première transformation du bois, etc.

Le Cameroun s’est engagé dans une politique visant à réduire sa dépendance à l’égard du secteur des hydrocarbures dans le cadre d’une stratégie de diversification de son économie actuellement dominée par le pétrole. L’objectif de cette politique est de faire en sorte que le pays devienne une économie émergente à l’horizon 2035.

Grâce à la balance de paiements sectorielle,  seuls les secteurs d’exploitation des produits primaires garantissent des entrées significatives de devises. Il s’agit de l’agriculture, de l’exploitation forestière et de l’exploitation pétrolière. S’agissant des relations économiques entre le Cameroun et ses partenaires bilatéraux (balance des paiements bilatérale), elles sont dans la majorité des cas, génératrices de pertes de devises. A l’exception des relations avec les pays de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac).  Dans la Cemac, le Cameroun exporte des produits  vivriers. Des pays occidentaux, le Cameroun importe des produits industriels.

Balance commerciale

La situation déficitaire de la balance commerciale en 2012 se poursuit 2013. Sauf que, le déficit s’est amoindri en 2013. Le déficit commercial est compensé par une entrée de capitaux. S’agissant des importations, elles sont en hausse de 3,6% par rapport à 2011 et se situent à 3325,2 milliards de F. Les huiles brutes de pétrole, les poissons de mer congelés, les matériels de transport, les machines, les appareils électriques et mécaniques ont enregistrés une baisse. Quant aux exportations, elles ont augmenté de 2,2% en 2012 par rapport à 2011 pour se situer à 2 184,4 milliards de F. Une hausse soutenue par les ventes de café, de pétrole (42,9%), les carburants et lubrifiants (12,3%), les bois et ouvrage en bois (10,6%), le cacao brut en fèves (9,2%), le coton brut (3,2%), le caoutchouc brut (2,8%), le café (2,0%), la banane fraîche (1,8%) et l’aluminium brut (1,2%). Pour les exportations de cacao qui ont fléchi en 2012, on constate une reprise des exportations en 2013.

La croissance économique devait connaitre un ralentissement en 2013 se situant à 3,2%, contre 5,1% initialement prévue. Cette prévision s’expliquerait par la baisse issue des revenus du pétrole et des investissements publics au sein des Etats membres de la BEAC.

Agriculture

L'agriculture peut être considérée à juste titre comme le pilier de l'économie au Cameroun. Avec une occupation de 70 % de la population active, elle contribue environ à 42 % de la population active. Le chômage aidant, un grand nombre de personnes se rabattent dans les métiers de la terre afin de trouver de quoi vivre voire survivre. Elle se décline en plusieurs éléments, notamment les cultures de rente et vivrière, le coton, les palmeraies, la filière cacao-café, la filière caoutchouc, la filière du sucre, la banane et même le secteur aval.

Pêche

Le Cameroun dispose de 360 km de côte et de nombreux cours d'eau. Cependant, très modeste de part son apport au PIB, la pêche artisanale demeure une activité importante sur le plan socio-économique. On lui doit une grande partie des emplois du secteur informel.

La capture annuelle dépasse 100.000 tonnes. La pêche maritime produit les 2/3 de la production et la pêche continentale 1/3, la pisciculture étant marginale. La consommation annuelle est de 175.000 tonnes et le Cameroun est obligé d'importer beaucoup de poisson congelé, plus de 50.000 t/an, pour compenser son déficit. Pour cela, les pouvoirs publics s'efforcent de promouvoir le secteur, par la création d'institutions d'encadrement spécialisées. La Caisse de Développement des Pêches Maritimes (CDPM) et la Mission de Développement de la Pêche Maritime (MIDEPECAM) sous tutelle du Ministère de l'Elevage, des Pêches et des Industries Animales (MINEPIA). Ils sont appuyés dans cette tâche par la FAO, le Japon et le Canada.

Au Cameroun, la pêche est surtout pratiquée par les étrangers, notamment des Nigérians, des Ghanéens, des Togolais et des Béninois. La pirogue est le moyen de capture utilisé, certaines pirogues sont mues à la pagaie d'autres sont motorisées. La pêche se fait souvent aux filets (maillant, sennes de plage...), mais on rencontre aussi la pratique des parcs à poissons, des pièges à crevettes et des palangres.

Environ 40% des opérateurs économiques du secteur de la pêche au Cameroun sont des femmes. A Limbé, 41% sont analphabètes. A Kribi, par contre, 50% des femmes ont le niveau des études secondaires. Mais que ce soit ici ou là, les femmes jouent un rôle prépondérant dans la transformation et la commercialisation des produits de pêche, en tant que fumeuses ou mareyeuses.

Bien que la pêche soit dominée par les étrangers, la commercialisation du poisson frais est monopolisée par les femmes autochtones. Parmi les femmes engagées dans le secteur, 51 % le sont dans la commercialisation directe du poisson frais et 49% dans la transformation et la vente du poisson fumé.

Le fumage constitue la méthode de transformation la plus courante dans les deux communautés. Les fumoirs sont des fours traditionnels de plusieurs types construits à partir du matériel de récupération. Le fumage se fait en deux étapes: le pré-séchage qui dure de 6 à 7 heures, fait perdre aux poissons frais le tiers de leur poids, le fumage proprement dit, qui dure 2 à 3 jours, pendant lesquels le poisson est fréquemment retourné pour éviter la calcination.

Le poisson ainsi fumé est stocké sur des claies disposées dans la case-fumoir ou dans des paniers en raphia destinés à la vente.

Par contre la commercialisation du poisson frais exige beaucoup plus de précautions. Le poisson est quelques fois disposé dans des sacs en fibres ou des glacières pendant le transport. Pour la conservation, jusqu'au lieu de vente, les femmes de Limbé louent des glacières. A Kribi, plusieurs mareyeuses sont propriétaires de leurs congélateurs et glacières. Pour la livraison sur les lieux de vente, les mareyeuses se déplacent en taxi, en cars de transport en commun ou à pieds quand la distance n'est pas longue. Le poisson, qu'il soit fumé ou frais, se vend au détail et en demi-gros.

Certaines femmes venues dans le secteur de la pèche, finissent par préférer d'autres activités jugées plus rémunératrices. Ce sont notamment le petit commerce, l'exploitation de débits de boisson, l'agriculture, etc.

A Limbé, le chiffre d'affaire annuel moyen d'une fumeuse est de 2.531.300 francs CFA, ce qui laisse une marge bénéficiaire de 438 000 F CFA. Une mareyeuse de poisson frais gagne un peu plus avec un chiffre d'affaire moyen de 3.220.000 F CFA par an

A Kribi, les ventes d'une fumeuse sont de 1.200.000 F CFA par an soit beaucoup moins qu'à Limbé. En revanche, le commerce du poisson frais rapporte beaucoup plus ici: le chiffre d'affaire annuel moyen d'une mareyeuse est de 4.455.000 F CFA.

Dans chacune des deux communautés, le revenu est entièrement géré par les femmes. La priorité des dépenses va aux besoins de la famille: alimentation, écolage, loyer. Une partie du revenu est épargné pour renforcer le capital.

Dans les communautés de pêche au Cameroun, les hommes et les femmes entretiennent trois types de relations: les relations professionnelles, les relations de dépendance et les relations d'association

Sur le plan professionnel, il s'agit de véritables relations d'affaires: les vendeurs sont les pêcheurs (hommes) et les acheteurs sont les femmes qui veulent du poisson soit pour la commercialisation directe, soit pour le fumage.

Les relations de dépendance sont liées à la capture. Les femmes reconnaissent que sans la capture du poisson qui est l'activité principale des hommes, elles ne pourraient ni vendre, ni fumer.

Quant aux relations d'association, il s'agit des relations de complémentarité ou de partenariat. Les femmes ayant pré-financé l'achat des équipements, ou de matériels nécessaires à la pêche, elles ont droit à une part de la production après la capture. Les femmes tiennent beaucoup à la division du travail qui s'est ainsi instaurée et n'entendent pas que les hommes s'immiscent dans le fumage et la commercialisation du poisson.

Les difficultés sont d'abord liées à la gestion: les femmes ne disposent d'aucun plan de gestion matérielle, financière ou humaine. Elles ne bénéficient pas assez d'encadrement, ni de formation. Il n'existe pas non plus d'associations, de groupements ou de coopératives. La rareté des moyens de déplacement accroît le coût du transport qui absorbe ainsi une part importante du budget.

A cela s'ajoutent, entre autres, la multiplicité des taxes, le contrôle intempestif de la police, la difficulté d'approvisionnement en bois, le coût élevé de conservation des produits de pêche, l'indisponibilité de poisson en grande quantité et la destruction intempestive des filets par les grands bateaux de pêche.

Pourtant, il existe des opportunités qui s'offrent aux femmes. On peut citer, notamment, l'existence d'un système d'épargne populaire (tontines), la volonté des pouvoirs publics de promouvoir la pêche artisanale au Cameroun et le souci de valorisation du travail de la femme rurale par la communauté internationale. Cependant, les activités des femmes dans la communauté dépendent de celles des pêcheurs eux-mêmes. Il faudra instituer un système d'acquisition de matériel de pêche à crédit avec des conditions assez souples pour les hommes, créer une ligne d'épargne-crédit (genre tontine) pour les femmes. Il faudra aussi créer une cellule chargée du suivi et de l'évaluation des activités féminines dirigée par une femme de préférence, de même qu'une équipe de moniteurs et d'animatrices sociales pour l'encadrement des mareyeuses et des fumeuses. Il reste qu'à Limbé et à Kribi, les femmes considèrent la pêche artisanale comme une activité rentable qui mérite d'être soutenue.

La commercialisation directe et le fumage constituent une source de revenus qui permet aux femmes des communautés de pêche de Limbé et de Kribi de subvenir à leurs besoins et à ceux de toute leur famille. Pour cela, leur implication dans les activités de pêche est prépondérante pour le développement économique du Cameroun. Il est alors important de trouver des solutions aux problèmes qui entravent le développement de la pêche artisanale.

En 2013, Douala est le seul port de pêche industrielle (10 000 t/an); cette activité souffre d'une surexploitation des ressources et d'une concurrence parfois déloyale des asiatiques, notamment des Chinois. Les prix ont doublé en cinq ans, tandis que les quantités vendues diminuaient presque de moitié.

Faute d'une production suffisante (la pisciculture n'en est qu'à ses balbutiements), le Cameroun importe annuellement plus de 135 000 tonnes de poissons congelés, et enregistre un déficit de plus de 150 000 tonnes.

Cependant plusieurs projets ont été lancés pour pallier sur le long terme à ce déficit. Notamment la construction, à proximité de Kribi, avec des financements japonais d’un complexe comprenant une halle aux poissons, un marché, un bâtiment frigorifique, un entrepôt de stockage et un centre de formation. Grâce à l'aide d'experts français, l'élevage des crevettes au Cameroun peut enfin commence.

Activités extractives

Le Cameroun est confronté depuis vingt ans à la baisse de ses réserves pétrolières. Aucune réserve nouvelle significative n'a été encore faite qui puisse renverser la tendance à terme, hormis dans la région de Bakassi dans la région anglophone du sud-ouest du pays, une péninsule qui autrefois appartenait au Nigeria. L'industrie pétrolière a été le moteur de la croissance du pays durant les années 1965-1985.

Hormis le pétrole, le Cameroun dispose d'importantes réserves de bauxite, fer, cobalt, nickel et manganèse, actuellement peu exploitées. La bauxite actuellement traitée dans le complexe Alucam (Aluminium du Cameroun) à Edéa est importée principalement de Guinée-Conakry.

Ces dernières années, le gouvernement a signé ou négocié des accords avec des pays comme la Chine ou des entreprises telles que Géovic, Sundance Ressources ou Hydromine pour l'exploitation de plusieurs matières premières dans les provinces de l'Est et de l'Adamaoua, et du Nord.

La région de Nkamouna possède des gisements de cobalt, de nickel et de manganèse. Ceux-ci intéressent la société minière américaine Geovic Mining Corp.

Exploitation forestière

La filière bois est l'un des piliers de l'économie nationale : elle contribue à hauteur de 5 % au PIB, de 10 % au revenu hors pétrole de l'État, et elle génère environ 30 % des ressources d'exportation hors pétrole du pays. Le Cameroun a le second massif forestier d'Afrique, soit plus de 18 millions d'hectares de forêt dense exploitable, représentant 40 % de la surface du pays. Environ 80 essences différentes sont commercialisées ; l'ayous (bois blanc léger) et le sapelli (bois rouge lourd) comptent pour un tiers des exportations, mais on exploite aussi l'acajou, le moabi, l'azobé.

Le Comité de Compétitivité a élaboré un plan de travail et un cadre de soutien à la mise en œuvre des recommandations issues des travaux récents relatifs à l'industrialisation du bois au Cameroun. Il a également appuyé le processus de mise en place d’une interprofession des acteurs de la filière et d’un cadre de concertation public/privé sur la filière bois.

L'étude sur la mise en place des réformes et mesures incitatives (fiscales et réglementaires y compris le contrôle) visant à promouvoir les 2e et 3e Transformations durables du bois (origine légale, séchage) ont été lancées.

Il entend contribuer à l'opérationnalisation du marché intérieur du bois (MIB),  développer et mettre en œuvre un modèle d'accompagnement pour faciliter la formalisation des acteurs informels.

Textiles

En 2009, le Comité de Compétitivité, avec l’appui de la Banque Mondiale, a réalisé une étude d’évaluation du potentiel et d’identification des segments et niches de compétitivité de la filière Coton-Textile-Confection. Celle-ci a démontré que la filière dispose d’importants atouts en termes de niches de compétitivité, d’opportunités d’investissement, de création d’emplois décents et de réduction de la pauvreté. Quatre(4) groupes de niches, avec des orientations stratégiques de positionnement, ont été identifiés :

(1)  Les  produits vedettes

 (Pagnes à  thèmes, vêtements de groupe, pagne modes et éponges).

(2)  Les textiles artisanaux.

(3)  Les filés et non tissés.

(4)  Les textiles médicaux, d’emballages et le jacquard.

La nouvelle dynamique de compétitivité et de croissance du gouvernement camerounais axée sur une plus grande diversification de l’appareil productif et la compétitivité des filières porteuses, offre désormais à la Filière-Coton-Confection de grandes perspectives de développement pour l’investissement et l’emploi. Ainsi dans le cadre de la vision de l’émergence du Cameroun à l’horizon 2035, la Filière-Coton-Confection figure parmi les filières porteuses de croissance retenues dans le Document de Stratégie pour la Croissance et l’Emploi (DSCE). De même, la stratégie de développement industriel du Cameroun dont l’objectif global est de contribuer à l’accélération de la croissance et la création d’emplois décents, a inscrit parmi ses priorités, la redynamisation de la Filière Coton-Textile-Confection à travers l’amélioration de sa compétitivité et la stimulation des investissements.

Les rares unités existantes sont menacées en permanence par l’envahissement du marché par la friperie et les produits de contrebande en provenance du Nigeria ou d’Asie. La Cotonnière industrielle du Cameroun (CICAM) est la principale entreprise textile.

Créée en 1965, elle produit en moyenne 2 500 tonnes de filés de coton, 12 millions de mètres de tissus écru et 17 millions de tissus imprimés (2010). La SOLICAM, filiale intégrée en 1995 à la CICAM produit exclusivement des serviettes de bain. En dehors de l’utilisation artisanale, la quasi-totalité du cuir est exportée.

La création de l’interprofession Coton-Textile-Confection du Cameroun (ICOTEC), partenaire stratégique du Gouvernement dans la redynamisation de la compétitivité de la filière, participe d’une meilleure coordination et défense des intérêts des opérateurs de la filière.

Aluminium

Globalement, l'activité industrielle a été positive au cours de l'exercice 1995-1996. La production à la fonderie (où l’aluminium est conditionné en lingots et plaques prêts à la vente) s’est élevée à 86 131 tonnes contre 92 798 tonnes au budget, et 86 995 tonnes l’exercice précédent : les ventes s’élevant à 80 275 tonnes, soit une progression de 2 % par rapport à celles de 1994-1995 (78 693 t). En 2006, la société américaine Hydromine s'est vue confier l'exploitation exclusive d'un gisement de 1,123 millions de tonnes à Minim-Martap, dans la province de l'Adamaoua. Cette importante découverte permettra d'augmenter considérablement l'offre en aluminium du pays, tandis que les découlés de cette exploitation seront pour la plupart réservés à l'exportation.

Production électrique

La production efficiente de l’électricité au Cameroun aujourd’hui commande que les deux barrages hydroélectriques de Song Loulou et d’Edéa disposent d’un débit d’eau à turbiner suffisant tout au long de l’année. Tel n’est plus le cas depuis longtemps. Parallèlement, 85.000 tonnes de production, l’usine d’ALUCAM consomme 35% de l’énergie produite par les deux centrales. C’est pour favoriser le passage en sécurité de la production de 100.000 à 300.000 tonnes d’aluminium qu’il est décidé la construction des deux nouveaux ouvrages :

  • Lom Pangar pour permettre la régulation des débits relâchés en fonction des demandes de Song Loulou, d’Edéa et à terme de Nachtigal ;
  • Nachtigal pour « restituer » dans le réseau AES le supplément d’énergie qui sera consommé à Edéa et Song Loulou.

Autant la direction générale d’EDC (Electricity Development Corporation) se veut rassurante quant à l’apport précieux de Lom Pangar et la centrale à gaz KPDC de Kribi.

  • L’Etat camerounais, Electricité de France (EDF), la Société financière internationale (SFI) et le groupe canadien Rio Tinto, ont signé le 8 novembre 2013 à Yaoundé, un accord pour le développement du projet de construction du barrage hydroélectrique de Natchigal, dans la région du Centre.

Cet investissement d’un montant total de 400 milliards de FCfa, a-t-on appris, va permettre d’accroître la production énergétique au Cameroun, grâce à 400 MW d’électricité supplémentaires à produire par la centrale de Natchigal, qui sera construite sur le fleuve Sanaga.

De la construction de cette infrastructure énergétique est étroitement lié le projet d’extension de l’usine de la société Aluminium du Cameroun (ALUCAM), la filiale locale du géant canadien Rio Tinto.

En effet, ALUCAM, consommatrice de près de la moitié de l’électricité actuellement produite au Cameroun, ambitionne de faire passer sa production annuelle d’aluminium de 90 000 à 300 000 tonnes. Il est également prévu la construction d’une raffinerie d’aluminium à Kribi, dans la région du Sud.

Industries électriques

En dehors de la production des piles et d’accumulateurs, cette sous-branche est surtout représentée par des entreprises de montage de certains appareils électroménagers, de rembobinage, etc. Il existe aussi des petites unités de montage de récepteurs radio et de téléviseurs. Le secteur comptait 4 entreprises et 531 employés en 1997.

Industries chimiques et para-chimiques

Elles sont encore au premier stade de développement. De nombreux produits comme les engrais sont importés tandis que certains sont simplement conditionnés sur place : vernis, colles, peintures, détergents. Le secteur comprend 25 entreprises employant 1 748 personnes. On peut noter, entre autres, les savonneries et fabriques de détergents, les parfumeries, la peinture et un embryon d’industrie pharmaceutique. L’industrie des savons est la plus dynamique. En dehors de la CCC qui domine le créneau, plus de dix savonneries se sont installées ces dernières années à Yaoundé, Douala et Bafoussam.

Industries mécaniques et métallurgiques

Les premières sont peu développées si on exclut quelques unités de fabrication ou montage de cycles et accessoirement de camions. Il existe toutefois des entreprises qui produisent clous, boulons ainsi que du petit matériel domestique et de chaudronnerie. L’industrie métallurgique de base est représentée par la société Alucam qui transforme l’alumine importée de Guinée en aluminium. La production d’aluminium est de 85 000 tonnes. Une partie sert à la fabrication des tôles et ustensiles de cuisine. En 1997, le secteur des industries métallurgiques comptait 16 entreprises employant 1427 personnes.

Répartition industrielle par région

Malgré la création de zones franches industrielles et points francs sur l’ensemble du territoire, la production industrielle est encore très concentrée à Douala, capitale économique qui regroupe plus de 70 % des entreprises. Ces dernières années, des unités de transformation de bois se sont installées à Yaoundé alors que Bafoussam accueillait surtout les fabriques de détergents. Des études préparatoires pour la mise en œuvre du Cluster bois à Yaoundé et celui de l’Est ont été faîtes.

Cimenterie

L’offre globale de ciment (production locale et importation) a augmenté lors des onze premiers mois de l’année de l’ordre de 1,20 %. Ce qui n’est pas particulièrement significatif. Avec une demande estimée à 2,5 millions de tonnes, le marché camerounais ne produit à l’heure actuelle qu’1,5 million de tonnes (le seul producteur actuel est Cimencam, filiale du groupe français Lafarge). A l’heure actuelle, le gap est comblé par des importations ; mais plusieurs opérateurs envisagent d’installer des unités de production ou d’ensachage sur place.

On peut citer le Nigérian Dangote Cement (investissement de 90 M EUR), le Marocain Addoha (30 M EUR), le Coréen Afko Cement (55 M EUR), l’homme d’affaire américain George Kaïafas (usine d’ensachage de 500 000 tonnes), et plus récemment le groupe local CICB et le groupe G Power Cement. Au total, ce serait près de 4 millions de tonnes supplémentaires qui seraient injectées sur le marché. La ville de Limbé devrait abriter 2 structures de ce type, avec les cimenteries de G Power Cement et d'Afko Cement.

Ce foisonnement de projets s’explique notamment par la hausse prévisible de la demande dans les années à venir, au regard des multiples projets d’infrastructures qui seront engagés dans le pays. Le ministère de l’Industrie projette une demande de 8 millions de tonnes d’ici à 2015, à cause du lancement de nombreux projets structurants annoncés par le gouvernement.

BTP

L'oléoduc Tchad-Cameroun a redonné un coup de fouet au secteur du BTP au début des années 2000. Il a mobilisé pas moins de 300 entreprises et donné du travail à plus de 1 000 personnes directement et à plus de 15 000 indirectement. L'entreprise française RAZEL (Groupe FAYAT) reste le leader dans le domaine du BTP au Cameroun. Mais d'autres entreprises étrangères, notamment chinoises, se sont vu attribuer d'importants projets.

La CMEC, entendez Chinese Machinery Entreprise for Export and Import a par exemple eu l'exclusivité de la construction d'infrastructures sportives prônées par le chef de l'État, notamment le palais des sports de Yaoundé.

Chantiers navals et industriels du Cameroun, CNIC

Globalement, l’exercice 1996-1997 a été marqué par un accroissement du chiffre d’affaires de l’ordre de 20 % par rapport à l’exercice dernier. Le nombre de navires réparés au cours de l’exercice 96-97 est en progression par rapport à l’exercice dernier passant de 147 à 170 navires.

Produits pétroliers

Le marché aval pétrolier est un marché qui fluctue en fonction de la contrebande du Nigeria. Il a connu un accroissement au 31/12/96 de l’ordre de 3 % par rapport à 1995 ; soit en volume 913 606 m³. Des changements de prix ont eu lieu en 1996 et ont entraîné une augmentation de prix à la pompe d’environ 12 % en moyenne, ce qui a eu un impact négatif dans la consommation. Les ressources pétrolières du pays, qui sont en constante baisse depuis une dizaine d'années pourraient être revues à la hausse grâce à l'exploitation de la péninsule de Bakassi, potentiellement riche en pétrole. Cependant, la revalorisation du prix du pétrole (130 $ au 25 juin 2008) a largement contribué à un gain supplémentaire depuis le début des années 2000.

Secteur tertiaire

Au Cameroun, dans des villes comme Douala, Yaoundé, Bafoussam, Garoua, le secteur tertiaire est développé de façon considérable ces dernières années et a été renforcé par l'avènement des techniques de l'information et de la communication. Le service à la personne s'est diversifié et amélioré dans les principales villes du pays.

Banque, cybercafés, bureaux de change, courrier express…

Secteur financier

Il existe 13 banques commerciales ayant reçu l'agrément de la COBAC (Commission Bancaire d'Afrique Centrale) : Afriland First Bank, BICEC, SGBC, SCB ATTIJARI WAFA BANK, ECOBANK, CBC (Commercial Bank Cameroon), Standard Chartered Bank, Citibank, UBA, UBC, NFC, BGFI, Banque Atlantique.

Les banques sont globalement en surliquidité. La restructuration du secteur bancaire a permis d'assainir une situation rendue très difficile par les 10 années de crise, où les banques, à l'époque nationalisée, ont été forcées de consentir des crédits de complaisance.

Aujourd'hui le taux d'épargne se situe entre 14 % et 15 % du PIB malgré la quasi-inexistence du système financier (la Bourse de Douala vient d'être mise en place).

Les banques les plus importantes du pays sont la SGBC, filiale du groupe français Société générale (791 millions de dollars en 2006), la Bicec (752 millions de dollars en 2006) et Afriland First Bank (572 millions de dollars en 2006). Ce secteur connait une forte croissance et une très forte concentration, puisque les trois premières banques énumérées plus haut détiennent plus de 75 % des parts de marché national. En mai 2008, la Banque marocaine de commerce extérieur, la BMCE Bank a émis le souhait de s'implanter au Cameroun afin d'augmenter l'offre nationale. Elle est spécialisée dans les crédits, les travaux publics et l'immobilier.

Transport

Le niveau des infrastructures routières et de transport en général au Cameroun ne correspondent pas encore aux besoins des populations. Même si de nombreux efforts sont fournis depuis plusieurs dizaines d'années pour améliorer et réhabiliter certains axes routiers, ce domaine souffre encore d'un manque de financements réguliers et des nombreux retards souvent accusés par certains chantiers.

Infrastructures maritimes

Le Cameroun est doté de quatre ports autonomes: le port autonome de Douala; le port en eaux profondes de Kribi, le port maritime de Limbé et le port fluvial de Garoua.

Le port autonome de Douala représente à lui seul 95 % du trafic maritime de marchandises camerounais. C'est le plus grand port de la zone CEMAC. Situé à l'embouchure du fleuve Wouri, est le seul point d'entrée maritime pour le Cameroun et les pays enclavés de la zone.

Son trafic de 6 millions de tonnes en 2004 assure 95 % des échanges extérieurs du pays. Sa capacité de 7,5 millions de tonnes (26 quais, 7 terminaux spécialisés et 15 entrepôts) est extensible à 10 millions. Un programme d'équipement cofinancé par la Banque mondiale, l'UE et la France a permis de ramener les délais de traitement des marchandises de 25 jours à 7 jours à l'importation et de 7 jours à 2 pour l'exportation.

Toutefois, Douala n'est pas un port en eau profonde: les navires (1 300 par an d'une jauge brute de 15 000 t) y accèdent en empruntant un chenal de 24 km et de 6,5 m de profondeur qu'il faut constamment entretenir. D'où la nécessité de la construction du port en eau profonde de Kribi, dont la mise en service en deux tranches est prévue pour 2014. Le financement du terminal industriel est pour l'essentiel pris en charge par la Chine, l'État camerounais assurant le financement de l'embarcadère minéralier.

Le port fluvial de Garoua est un port saisonnier exploitable d'août à septembre, mais son mauvais entretien a permis au sable de remplir la Bénoué, qui est son principal cours d'eau d’approvisionnement. Le tirant d'eau est presque inexistant.

Tourisme

Le tourisme est en grand essor au Cameroun (4,4 % du PIB). En 2013, l'OMT a relevé plus de 500 000 visiteurs passant une nuit ou plus au Cameroun, la Délégation générale à la sûreté nationale du Cameroun faisait état quant à elle de 1 000 000 visiteurs étrangers au Cameroun en 2011. Une stratégie globale de promotion du tourisme camerounais  du gouvernement compte atteindre le cap de 700 000 touristes d’ici 2015.

Les causes de ce sous-développement sont multiples : absence de volonté politique, fiabilité et coût de la compagnie aérienne nationale, tracasseries administratives et policières, manque d'infrastructure.

Les principaux sites touristiques du pays sont le nord-Cameroun (parc national de Waza) et la région de Limbé, dans le sud-ouest et le sud du pays.

S’étendant sur 1200 km du Nord au sud, le Cameroun possède une variété de reliefs, de climats, de paysages, d’espèces animales et végétales, uniques sur le continent. C’est un véritable  « concentré d’Afrique » dans un triangle de 475 000 km que le visiteur découvre, émerveillé. La faune est particulièrement riche avec 409 espèces différentes de mammifères, 143 de reptiles, 849 d’oiseaux et 190 d’amphibiens. Les aires protégées couvraient en 1997 une superficie de 4.551.990 hectares dont 7 parcs nationaux, 7 réserves de faune, 27 zones cynégétiques, 1 sanctuaire et 3 jardins zoologiques. 

classés. La capacité hôtelière globale en 1998 était de 13 972 chambres et 15 542 lits dont 54,8% à Douala et Yaoundé avec comme recettes réalisées par les établissements hôteliers 27,372 milliards de CFA.  

Principales catégories de tourisme

La richesse du produit touristique repose sur de nombreuses attractions grâce à la diversité des ressources touristiques. La variété naturelle, humaine et culturelle se combine pour favoriser la pratique de diverses formes de tourisme sur toute l’année.  

Le tourisme balnéaire

Le littoral largement ouvert sur l’Atlantique avec ses 400 km de côtes est propice au tourisme balnéaire sur les plages naturelles et sablonneuses de Kribi et Limbé, dans les mangroves et chutes se jetant directement dans la mer. 

Le tourisme de safari-photo et de chasse

Le Cameroun compte sept parcs nationaux dont le plus célèbre et le mieux aménagé est celui de Waza. Ces parcs sont riches en espèces animales représentatives de la faune africaine : éléphants, buffles, antilopes, hippopotames, gorilles, etc.

Si la chasse est interdite dans les parcs nationaux il existe par ailleurs quatorze zones de chasse comportant plus de 500 km de pistes entretenues. La chasse est ouverte de décembre à mai dans le strict respect de la convention sur la protection des espèces menacées.  

Le tourisme culturel

Le Cameroun est une mosaïque de près de 250 ethnies aux coutumes et traditions différentes. Le touriste peut ainsi goûter à la diversité présente dans  l’architecture traditionnelle, le folklore, la religion, la cuisine, l’artisanat, etc. Le patrimoine historique est également riche avec des monuments et vestiges du triple héritage colonial allemand, français et anglais.  

Le tourisme de montagne

La chaîne montagneuse de l’Ouest offre un environnement adapté avec le Mont Cameroun qui culmine à plus de 4070 mètres, le Mont Manengouba à la charnière du Littoral et du Sud-Ouest et le Centre climatique de Dschang bâti sur un plateau s’élevant à 1800 mètres. Il existe des sources thermales dans l’Adamaoua.  

 L’écotourisme

Il s’effectue dans les sites et aires  protégés comme le parc national de KORUP qui recèle des espèces végétales vieilles de plusieurs millions d’années, la réserve du DJA , patrimoine mondial de L’Humanité, le Mont-Cameroun avec sa flore très rare et les sites fossiles du Mayo-Rey. 

Le tourisme d’affaires

Grâce à la qualité des infrastructures d’accueil (Aéroports internationaux, Palais de Congrès, Hôtels de classe internationale, les villes de Yaoundé et Douala accueillent chaque année des congrès fréquentés par des hommes d’affaires et des officiels venus des quatre coins du monde. 

Le tourisme sportif

Hormis le football qui a fait la réputation du Cameroun, d’autres sports liés au tourisme se développent : pêche au gros au large de Douala, terrains de golf à Yaoundé et Tiko, ascension annuelle du Mont Cameroun sans oublier les clubs équestres de Yaoundé, Douala et Garoua.

                                                                                                                 SJS

 

POSITIONNEMENT CONCURRENTIEL DE QUELQUES PRODUITS D’EXPORTATION

1 - La Filière bois

Le bois est le second produit d'exportation avec 13,3 % des recettes derrière le pétrole. Avec plus de 45 000 emplois créés, la filière bois contribue pour 6% au PIB du pays. Les exportations de bois ont été pénalisées en 2014 par la congestion du port de Douala et par l’accumulation des crédits de TVA.

Les principales faiblesses de la filière sont :

  • une faible participation des nationaux ;
  • une faible transformation de grumes ;
  • l’abattage illégal de bois ;
  • une faible valorisation de la ressource ligneuse et environnementale ;
  • l’insuffisance de main-d’œuvre qualifiée.

2 -  La filière cacao

Avec plus de 220 milliards les exportations de cacao représentent en moyenne le quart (1/4) de la valeur totale des exportations hors pétrole. Le Cameroun est 5ème producteur mondial du cacao avec environ 6 % des exportations mondiales, loin derrière la Côte d’Ivoire (31 %) et l’Indonésie (16 %), le Ghana et le Nigéria. 

Les principales contraintes à la compétitivité de la filière sont : le vieillissement du verger et des producteurs, la mauvaise qualité de la fermentation et du séchage.

3 - La filière coton-textile-confection

Les exportations de coton brut représentent environ 6 % des exportations totales (hors pétrole) et environ 1 % de la production mondiale. Rappelons que l’Afrique dans son ensemble fournit globalement 18 % des exportations mondiales de coton, dont 8 % pour la zone CFA. 

Environ 3 % de la fibre de coton produite au Cameroun fait l’objet d’une transformation locale. Les contraintes au développement du segment aval de la filière sont la concurrence des fibres et tissus importés, la faible compétitivité des industries existantes, la faible formation des différents types d’acteurs ainsi que le manque d’organisation des circuits de distribution.

4 - La filière café

Le café poursuit son effondrement entamé ces dernières années. Dans les régions d’implantation historique, il est supplanté par les produits d’exportation concurrents, (caoutchouc brut, banane). La production nationale de café commercialisée est passée de 132 000 tonnes en 1986 à moins de 16 000 tonnes en 2013. Le Cameroun est ainsi devenu un petit producteur de café en Afrique en termes de volume d’exportation, loin après l’Ouganda, l’Éthiopie, la Côte d’Ivoire et la Tanzanie.

5 - La filière caoutchouc naturel

Les exportations de caoutchouc représentent environ 7% des exportations totales (hors pétrole) et seulement 0,4% de la production mondiale. Dans l’ensemble, la filière caoutchouc brut est performante et dynamique. Le principal défi de la filière parait être le développement accéléré de l’hévéaculture villageoise et privée, à capitaux nationaux, pouvant produire pour les unités industrielles existantes et à venir.

6 - La filière banane

La banane dessert du Cameroun constitue, après le bois et à l'exclusion du pétrole, le deuxième produit d'exportation du pays en volume.

Un gap de compétitivité important existe par rapport à la banane dollar d’Amérique latine. Il provient des facteurs suivants :

  • un prix des intrants (engrais, cartons, plastiques…), plus cher pour les producteurs camerounais d’environ 10 %;
  • un prix du fret plus élevé sur les lignes Afrique-Europe que sur les lignes Amérique-Europe, dû aux plus faibles volumes transportés;
  • la parité euro/dollar, qui assure aux producteurs latino-américains une recette, exprimée en monnaie locale, de 20 à 40 % supérieure des producteurs camerounais;
  • un niveau de formation et de productivité insuffisant de toutes les strates de la main-d’œuvre;
  • des infrastructures de plantation obsolètes ou insuffisantes.

Au total, on relève que ces six produits qui contribuent pour près de 28% dans les recettes d’exportation, disposent de réelles potentialités de développement pourvu que quelques contraintes parmi celles relevées ci-dessus soient évacuées.

 (Extrait de la Communication du Président du Secrétariat technique du Comité de Compétitivité, M. Charles KOOH II lors du CBF 2015 le 09 mars dernier à Douala)